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Le magazine Axelle s’intéresse aux Centres culturels

Oct 1, 2026 | Droits culturels, Équipes sous pression, Liberté d'expression, Nouvelles du secteur

Les Centres culturels restent-ils des lieux où la programmation se décide en toute indépendance ? C’est la question posée par une enquête récente du magazine féministe Axelle qui a choisi de s’intéresser aux pressions croissantes que rencontrent certains Centres dans leurs choix d’action.

 
Le texte intégral de l’article Qui a peur des Centres culturels? Batailles des représentations, résistances des femmes est publié en accès libre sur le site de Axelle magazine.
Un angle qui peut surprendre pour un magazine engagé sur les questions de genre, mais qui s’explique, selon l’auteure, Maïté Warland, par le fait que les femmes sont ici doublement concernées : comme professionnelles d’un secteur en forte féminisation, et comme publics des activités ciblées. Plus largement encore, interroger la liberté de programmation, revient souvent à interroger la place laissée aux voix minoritaires ou minorisées dans l’espace public. Les événements culturels visés par des contestations récentes, émanant d’élus locaux ou de pétitions citoyennes, abordaient en effet des thématiques féministes, queer ou antiracistes.

Pour son enquête, Maïté Warland s’est notamment appuyé sur des entretiens avec des professionnel·le·s de Centres culturels. Les deux fédérations du secteur, l’Association des Centres culturels (ACC) et l’ASTRAC, ont aussi été consultées, apportant une lecture systémique au-delà des situations individuelles.
Trois dynamiques sont ainsi identifiées à un niveau sectoriel, qui se superposent et qui fragilisent les Centres culturels : des ingérences politiques locales : interventions d’élus sur la programmation ou la communication, parfois assorties de menaces sur les subsides communaux, des contestations citoyennes organisées : pétitions et campagnes en ligne visant à faire déprogrammer certains événements, avec des issues variables, et enfin, un contexte budgétaire dégradé avec des économies cumulées à différents niveaux de pouvoir. Si les interventions démesurées dans les choix d’action et de programmation des Centres culturels restent minoritaires, la fragilité financière des structures réduit la marge de manœuvre des équipes et les rend plus vulnérables aux pressions.

Mais outre ces inquiétudes partagés, l’enquête fait aussi le constat d’un secteur déterminé à poursuivre ses missions fondamentales pour faire entendre la diversité des voix, interroger, déranger parfois. Pour que face au tumulte d’un monde à la recherche de nouvelles boussoles, les Centres continuent avant tout, de permettre le débat et l’expression des désaccords.